Fuis le, il te suivera.

Fuis le, il te suivera.
Je suis partie d'ici. C'est bientôt l'hiver & les gens sont pourris de sourire dans la rue. Je te vois ou crois te voir partout. Je déteste cette ville, moi qui commencais sérieusement à m'y habituer, à y trouver un certain charme. C'est insupportable. J'évite certains quartiers, je marche la tête baissée, je n'ai pas le courage de regarder les amoureux qui roucoulent sur les bancs, sur les notres. La délicatesse de ce mois de décembre me rend sensible. Je n'ai jamais été si attentive à tous ces signes extérieurs auparavant. Je ne faisais aucune différence, un vent était un vent, un nuage était un nuage. Aujourd'hui j'en fais toute une affaire. Je ne rentre plus aussitôt chez moi, je me surprend à trainer mon corps le long des murs, des trottoirs. Je m'arrête sous les rayons d'un soleil assassin, plus rien ne traverse mon corps. Je suis devenue l'imperméable de ma propre vie & de la notre par la même occasion. Je suis devenue impuissante. Je suis une présence morte. Je me trimballe, un peu plus difficilement chaque jour, une partie morte en moi. Je suis dans le soleil, s'il frôle une partie de mon corps, il n'arrive plus à me toucher. Je suis devenue la racine de la dent qu'il a dévitalisé. Je suis devenue indifférente, mes nerfs ne répondent plus. Je me suis dédoublée. Il y a celle qui se lève, mange, pisse, travaille, dort. & puis dessous, l'inerte, la paresseuse au coeur mort. Tu vois ce que tu me fais subir un peu? Un fardeau. Je me trimballe un fardeau sur les épaules, un fantôme, une revenante qui a l'air de t'en vouloir. Elle est devenue ma tumeur. Ma petite tumeur intime, rien qu'à moi. Tout ce qui me faisait rire, la fait pleurer. Tout ce qui me rendait vivante, la fait encore plus crever. La douceur que je ne te donne plus me dévore. Mon coeur est mort, il a pourri. & le pourri ca n'a jamais été joli chéri.

# Posté le lundi 05 janvier 2009 07:07

Modifié le dimanche 30 août 2009 17:44

Puisqu'à l'évidence je n'ai pas de mots aussi fort.

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# Posté le mardi 28 avril 2009 06:27

Modifié le dimanche 30 août 2009 17:43

Aujourd'hui c'était un vrai festival de parapluies. Avez-vous remarqué que chaque parapluie allait avec son propriétaire comme le chien avec son maître? Ce n'est qu'une simple constatation qui m'amusa cette nuit, on s'amuse comme on peut lorsqu'il pleut. Mes baskets étaient trempées, laissant à mes chaussettes la possibilité de coller à ma peau. Quelle horreur, je déteste ça. Mon pantalon était taché, je suis partie en négligée. Mon manteau a tout caché. De toute façon, lorsqu'il pleut, les gens ne se regardent pas. La pluie fait figure de voile sur leurs paupières. Ils ne prennent pas la peine de se regarder, ils se foncent dedans, comme pour dire, moi je n'ai pas le temps. Je marche doucement parce qu'aujourd'hui plus qu'hier, je veux regarder. Ce festival de parapluies me rend perplexe. Il y a la gamine avec son parapluie ridiculement petit. De toutes les couleurs. Elle veut dire, je suis petite, je ne veux protéger que moi même mais je suis joyeuse, il ne faut pas croire. Justement, je ne te crois pas. Il y a ce jeune homme avec son parapluie léger, de mauvaise qualité & sombre. Il veut dire, je suis un homme premièrement, mon apparence m'est égale, je ne suis pas stable, si tu me pousses je tombe & je te fais tomber avec. Je ne souris pas tellement, je n'ai pas trouvé de quoi sourire. Il y a ce couple, au parapluie tout juste à leur taille, au couleur de l'automne. Ils veulent dire, on s'aime & on a besoin de personne d'autre. On s'aime & personne ne pourra venir nous détruire, vous n'avez pas votre place de toute façon. Il veut dire, on est d'accord sur tout, même sur la pluie même sur le beau temps. Il y a cette vieille femme au parapluie clinquant. Elle veut dire, je ne suis pas si vieille que ça. J'ai de l'argent, je fais baisser les caisses de l'Etat. Pas de maison de retraite pour moi.
& y'a moi. Avec mon parapluie transparent, en plastique à pois noirs. Un parapluie de deux personnes mais il n'y a que moi dessous. Je veux dire, je ne veux rien rater, la transparence me permet de regarder le ciel, je ne veux pas me renfermer, vous existez pour moi, même si l'inverse semble parfois négligé. Je veux dire, il reste une place, j'aurais moins froid & les pois noirs seront plus beau. Un petit côté, fille-femme un peu glamour un peu Rock And Roll mais la guitare en moins.
C'est alors que je mis la jambe entière dans une flaque d'eau.

# Posté le lundi 08 juin 2009 12:54

Modifié le mardi 08 septembre 2009 15:36


Ma vie


Ma fuite


Mon absence


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# Posté le vendredi 03 juillet 2009 19:26










Génération Benjamin


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# Posté le dimanche 26 juillet 2009 08:53